Les randonneurs fines gueules en hiver – 2

Restaurant Le Schlossberg – Zellenberg

Toujours en saison hivernale, notre curiosité alliée à une réelle gourmandise nous poussent à la découverte du vignoble. Nous sommes partis de Ribeauvillé pour rejoindre Kientzheim à travers vignes et forêt. Et quels vignobles. Les Grands Crus laissent la place aux Clos, mais chaque fois les noms résonnent agréablement à nos oreilles et invitent nos papilles à saliver tant et plus.
Après un détour dans le Kirchberg, nous traversons le Rosacker. Au loin, notre regard porte sur l’église de Hunawihr au pied de laquelle se blottit le célèbre Clos St Hune, flambeau de la famille Trimbach. Nous gravissons les coteaux pour contourner le Clos Wintsbuehl dans lequel Zind-Humbrecht fait des merveilles. Le terroir de Riquewihr approche. Après une incursion dans le Schoenenbourg, nous surplombons le Sporen pour nous glisser enfin entre Furstentum et Schlossberg, vers la fin de nos 4h d’escapade.

Ensuite, nous avions prévu de nous restaurer à Zellenberg, à la table d’un Maître-Restaurateur, au restaurant Le Schlossberg. Nous y sommes accueillis par un personnage d’une rare truculence, droit sorti d’un roman de Rabelais. Entre français et alsacien, Charles Maierböck nous narre son histoire et celle du lieu qui est séculaire. Sa gouaille en fait un vrai conteur, mais ses histoires s’inscrivent dans un vécu redoutable et son regard est lucide et sans appel. Comment Charles est-il passé de projectionniste au cinéma de Ribeauvillé à la cuisine en passant (entre autres) par un BTS d’électro-mécanicien exercé dans l’une des entreprises alsaciennes parmi les plus emblématiques, Electro-Muller. Espèce de Tartarin de Tarascon en Alsace, dans un autre registre peut-être, mais aventurier et fier de l’être …
Charles nous fait donc à manger. Bien ! Un marbré de lapin et légumes de saison savoureux suivi d’une cuisse de canard de barbarie sauce au Pinot Noir.
Mais surtout, Charles nous propose des flacons d’anthologie.
Et pour cause puisque sa carte d’Alsace part de 1953 à nos jours avec des pépites comme ce Clos St Hune de 1993. En Bordeaux, nous sommes séduits par Pichon Longeville Baron en 1893 (vous avez bien lu) pour aller vers Cheval Blanc, St Emilion de 1921. Nous aurions pu bien déguster Château Grillet 1998, appellation minuscule du Rhône (3,5ha) en Blanc, cépage Viognier.
En définitive, nous avons gouté au Muscat de chez Renck à Beblenheim, joliment floral et fruité, au Riesling Vieille Vignes 2009 de Trimbach, minéral, légèrement fumé, d’une belle profondeur et grande complexité puis au Château Talbot 1989, un St Julien d’une fraicheur étonnante du haut de ses 28 ans : arômes de framboise mures, d’épices comme la cardamome, effluves de camphre, de la rose ancienne et des notes d’eucalyptus et de menthol…
Un lieu improbable impossible de ne pas découvrir ! Surtout pour des œnophiles éclairés.
Du pur bonheur. Nous avons vécu sur une autre planète.
Et chaque jour qui passe, Charles Maierböck écrit son histoire …à l’encre de Chine.
What else ?

La randonnée :

Cette balade a été faite avec 2 voitures. La 1ère stationnée à Kientzheim, la seconde à Ribeauvillé, sur le chemin de Compostelle (croix bleue) partant au sud.
Nous poursuivons ce chemin sur 2 km puis empruntons à gauche le sentier disque bleu qui grimpe allègrement dans une belle forêt.
Arrivé à l’aire de jeu, une petite montée (non balisée) nous amène au très beau domaine du Windsbuehl. De là nous rejoignons Riquewihr et poursuivons vers le sud sur le chemin (triangle bleu) que nous quittons au-dessus du Rosenburg pour poursuivre droit vers le sud.
Le chemin de Compostelle retrouvé, Kientzheim est à 1 km.

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