Ferme auberge du Hungerplatz

Tatiana Hénius a quitté le piano de la ferme-auberge du Hungerplatz le 31 mai 2018. Il y a un an déjà elle nous annonçait sa volonté de quitter le label « ferme-auberge »,malgré les 92% de produits de la ferme présentés aux clients. Quel dommage de voir partir une puriste de ce genre. Gageons qu’elle donnera du bonheur ailleurs.

Un OVNI au Hungerplatz ?

Cette ferme-auberge est située stratégiquement sur le circuit des châteaux au-dessus de Barr. Sur le vaste parking, des panneaux avertissent le visiteur du danger deOn annonce la couleur ! laisser des objets apparents dans la voiture : la civilisation et ses travers sont proches. Il est vrai que de prime abord, le cadre de l’auberge nous amène davantage à imaginer un restaurant de campagne touristique, plutôt qu’une ferme-auberge. Et ce n’est pas l’accueil, certes gentil mais impersonnel, du jeune serveur qui nous amène à reconsidérer notre première impression.

Et pourtant ! Après un repas qui se passe à merveille, notre entretien avec la maîtresse des lieux nous confirme l’appartenance de l’auberge à la ferme Goettelmann, 4ème génération du nom, à Meistratzheim. L’entreprise est énorme mais pratique un élevage traditionnel de diverses volailles, canards et porcs. La devise de Patrick Goettelmann est « tout vient de la terre » et il semble mettre en pratique quotidienne cette recherche d’authenticité. Pour garantir la qualité de la nourriture des animaux, les Goettelmann vont jusqu’à cultiver leurs propres céréales. Antoine Goettelmann, boucher de formation, rejoint la ferme pour piloter la transformation des viandes des bêtes abattues dans l’abattoir des Fermes Avicoles d’Alsace. Leurs produits se retrouvent sur une douzaine de marchés, quelques boutiques de la région ainsi que sous la forme de repas-traiteur, traiteur-paysan il se doit.

Patrick Goettelmann regrettait de ne pouvoir aller au bout de son travail et d’en partager le résultat avec des convives. Il voulait faire en sorte que les produits Le Hungerplatzqu’il travaille avec minutie soient magnifiés par une cuisine sincère et inventive. Quand le Hungerplatz s’est libéré, il a sauté sur l’opportunité. Mais un lieu, aussi bien situé soit-il, ne vit pas sans un chef digne de l’ambition qu’il voulait y mettre. Après une recherche patiente, rigoureuse et attentionnée, il rencontre, presque par hasard (existe-il ?) Tatiana Hénius.

En partance pour Compostelle, cette jeune femme épicurienne, d’origine lorraino-réunionnaise», issue de l’univers du tourisme, avait décidé de changer de vie depuis quelques années pour emprunter une voie moins superficielle, lui permettant de revenir aux sources. D’abord, elle reprend un restaurant, le Moulin d’Eschviller à Volmunster et se lance dans une nouvelle aventure. Toujours à la recherche de l’essentiel. Et c’est sous le regard et avec les conseils avisés de sa grand-mère, Mamie Résel qu’elle apprendra une cuisine de terroir, de l’authentique et qui nous parle d’amour. Durant 7 années, au gré des rencontres, elle crée et réalise ses recettes pour une cuisine affective et inspirée. Aujourd’hui encore, elle fonctionne aux 5 sens et c’est bien la mémoire de son palais qui se trouve au cœur de sa créativité.

Le Hungerplatz
L'âme est annoncée
Un cadre idyllique
Notre avis sur la table :

Notre avis sur l’authenticité :

Randonnée :

Randonnée : 6.5km à l’aller – 3 au retour

En pratique :

Ouvert de mi-mars à début novembre