La Table du Grand Ballon

Le repas.

En cuisine, c’est Annick qui officie. Un jour, après son bac, elle décide d’abandonner son projet de médecine au profit d’une vie au grand air. Et visiblement elle prend plaisir à mitonner une cuisine de caractère. La tourte est somptueuse ; aussi agréable à l’œil qu’en bouche. Elle est réalisée à partir de beaux morceaux, d’une consistance agréable, pas trop menue. Son assaisonnement et le choix des épices lui confèrent une belle profondeur de goût. Le chèvre chaud est bien onctueux, savoureux, sans trace d’acidité et sans fioriture, respectant ainsi le vrai goût de chèvre. Le presskopf est aussi très agréable. Il présente un bel équilibre des viandes. Peut-être pourrait-on diminuer un peu la dominante de l’arôme Maggi ?

Le steak de veau est tendre à souhait. Sa saveur terrienne n’altère en rien sa grande finesse. De plus l’assiette est belle avec son petit jus de viande réduit. Le croquant du grillé et le velouté fondu des roïgebrageldas est proche de l’osmose.
Parmi les mille et une façons d’élaborer les fleischnackas, il y a celle d’Annick. Elle souhaite perpétuer la recette de sa grand-mère. A la base, une viande de plat-de-côtes qui figure parmi les plus savoureuses. Elle y rajoute notamment un morceau de poitrine de porc qui renforce les notes fumées.

Il s’agit assurément d’une belle cuisine paysanne de terroir.
Soulignons la variété des fromages. Le chèvre frais bien sûr, mais aussi celui, affiné d’une quinzaine de jours, onctueux, aux arômes de terroir. Un bargkaas élégant qui, selon la période peut être plus ou moins sec. Le munster de 3 semaines d’affinage, moelleux à cœur avec juste ce qu’il faut d’arôme fermier. Parmi les desserts, une fois n’est pas coutume, ce sera la tarte aux myrtilles qui nous aura le plus séduits. Le discours est clair : en saison, ce sont des fraiches et en dehors, ce sont toujours des myrtilles sauvages, mais surgelées, pour répondre à l’immense demande de la clientèle. Le siaskaas est un peu fade et le flanc domine la tarte aux pommes.

Côté vins.

Une carte agréable propose une belle palette de possibilités.
Trois vignerons régionaux fournissent les vins d’Alsace. Gérard Schneider à Gueberschwihr pour les Pinot-gris, Pinot-noir et Riesling ; Ziegler-Fugler à Orschwihr pour l’Édelzwicker ; Valentin-Zusslin à Orschwihr pour le Pinot Auxerrois et les crus classés en Bollenberg, Pinot-noir et Gewurztraminer.

L’Édelzwicker est sec, frais, avec cependant un côté un peu charnu. Le Riesling est droit, sans grande complexité, avec quelques notes minérales.
En rouge, le Côte du Rhône générique de la maison Adam est agréablement fruité, avec quelles notes chocolatées. Vous pouvez aussi opter pour le Vacqueyras typé de la maison Arnoux, le Beaujolais du Domaine de Briante ou dans un autre registre, le Côtes de Bourg Château haute Libarde.

En conclusion.

La qualité de l’accueil, l’atmosphère de la salle,  la rigueur des échanges sont confortés par la visite de la ferme. Et les 3 veaux qui venaient de naître, renforcent encore cet esprit d’authenticité qui règne ici. La Ferme-Auberge du Grand ballon a du caractère et une âme qu’elle n’est pas près de perdre. Une pépite règne sur la route des crêtes.

Parmi les autres plats possibles :

– Le cabri (en avril)
– le pot-au-feu
– les rôtis de bœuf et veau
– le sauté de veau
– les steaks de bœuf ou veau
– la fondue bourguignonne
– les gratins et charcuteries
– le biebalakaas au munster frais

A emporter :

– les charcuteries : saucisses de Lyon, de mett, de foie…
– Bargkaas
– fromage de chèvres
– munster

La salle : gemuetlich
Un très beau démarrage
Des VRAIS Fleischnacka
Annick & Didier, nature
Notre avis sur la table :

Notre avis sur l’authenticité :

Randonnée :

Randonnée : 14 km (8.5 à l’aller – 5.5 au retour)

En pratique :

Ouverte de fin mars à mi-novembre
Fermée lundi soir & mardi