Ferme Auberge du Hinteralfeld

Tristesse

Le Hinteralfeld était l’une de nos fermes-auberges de référence pour sa qualité et son style d’interprétation de la cuisine locale.
A notre arrivée, la première surprise nous alerte : à la carte, les mêmes plats qu’il y a quelques années…
Les tripes, les Fleischnackas, le chevreau et l’agneau. Nous ne pouvons manquer de questionner cette permanence de plats.
Par exemple, où est la « cuisine du moment » dès lors que ce sont les mêmes produits qui sont présentés toute l’année ?
Bien sûr, nous aurions bien aimé parler en parler avec Anne ou Katia Iltis.
Nous nous sommes annoncés, mais personne n’est venu nous voir en fin de service. Nos interrogations resteront donc ouvertes…
Les entrées sont servies sur une assiette de dessert, étonnamment petite, car elle a du mal à contenir crudités et terrine ou tourte. Ces dernières sont fidèles à ce que nous avons pu connaître, dans le respect des produits. Et nous retrouvons avec bonheur quelques « pickles » maison, hélas noyés dans les carottes.
Pour les plats qui suivent, nous sommes plus dubitatifs. La cuisson de l’agneau est superbe et lui confère une bonne tendreté. Le chevreau en revanche est sec et beaucoup trop ferme, réalité confirmée par nos voisins de table.
Et de façon plus globale, cette cuisine qui nous avait séduite par son charme, par l’usage juste et magique des épices, par la réinterprétation créative des plats alsaciens, retombe au rang d’une cuisine sans peps et sans personnalité. Certes plutôt bien interprétée, sauf le chevreau, qui n’offre plus de réel plaisir.
On se nourrit, sans grand plaisir gustatif, dans une ambiance manquant de chaleur et d’un parfait anonymat, du coup pour un prix loin d’être insignifiant.
Le Hinteralfeld s’est assagit ou peut-être assoupi ? Seraient-ce les clients qui auraient demandé une cuisine sans âme et banalisée ? Nous n’osons y croire.
Nous ne pouvons que formuler des vœux de voir à nouveau ce lieu nous offrir l’ambiance chaleureuse et la cuisine habitée que nous avons connu.
En attendant, notre appréciation passe à 3 clarines. Nous maintenons les 4 « têtes de vaches » concernant l’authenticité des produits en nous référant au site de la ferme-auberge, à défaut d’avoir pu en parler de vive voix.
C'est cher !!!

« L’auberge des femmes» ou la volonté de surprendre.

Nul ne révèle si, à l’instar de l’histoire que nous compte Aristophane dans « L’assemblée des femmes » elles ont pris le pouvoir au Hinteralfeld. Toujours est-il qu’elles sont 9 à y exercer des fonctions aussi diverses que variées et dans tous les cas complémentaires. Il semble tout de même que les hommes soient bienvenus pour certaines tâches qui leur incomberaient « naturellement »…

Mais revenons à cette ferme-auberge lovée en fond de vallon. Vous y accédez en voiture depuis la route qui monte au Ballon d’Alsace par Sewen et le lac d’Alfeld. Quand vous approchez à pied depuis le massif du Ballon, le premier coup d’œil embrasse les vastes toits de l’exploitation et de l’auberge. Devant les bâtiments, une très grande cour dans laquelle un regard exercé distinguera des animaux qui vont et viennent en toute liberté.

L’environnement

Quelques brebis précèdent leurs agneaux, poules et coqs s’activent tous ergots dehors, tandis que les chèvres s’ébattent dans le pré attenant.Plus loin, 7 vaches allaitantes paissent tranquillement. Des classiques Vosgiennes et quelques « Galloway » d’Ecosse. Elles cumulent les avantages de débroussailler parfaitement et de résister aux rudesses de l’hiver, jusque dans les pâtures. L’importance du cheptel rend la ferme quasi auto-suffisante pour la viande servie à l’auberge. Il s’agit de veaux et génisses, une trentaine de brebis, une vingtaine de chèvres, une trentaine de poules pondeuses…

Bref, le climat à 750m ne le permettant pas, seuls les légumes sont produits ailleurs… et encore, c’est l’une des femmes de la maison qui s’en occupe, plus bas dans la vallée.

Malgré une arrivée tardive, l’accueil est très chaleureux. Dans la grande salle, un feu finit de se consumer dans la cheminée. Le style respire l’authenticité. Murs en pierres, la salle était l’ancienne étable du lieu, poutres séculaires, kacheloffa vert. Près de la cuisine, un vieux buffet qui révèle des gourmandises à emporter : des sirops de Niederbruck, des crèmes de fruits de Brunstatt, des herbes et tisanes… Tout un programme pour prolonger les plaisirs de la table du Hinteralfeld.

Le Hinteralfeld
Quelques uns des nombreux habitants de la ferme
Notre avis sur la table :

Notre avis sur l’authenticité :

Randonnée :

Randonnées : 3h30 à 5h

En pratique :

Ouverte du 15 mars au 20 décembre tous les midis
Ouverte le soir du vendredi au dimanche