Ferme Auberge de la Wassmatt

Nouvelle visite : Le ravissement tous azimuts.
La météo était sympa, et les premières fraîcheurs automnales ont été clémentes avec nous. Cependant à la Wassmatt, l’ambiance est toujours aussi chaleureuse dès le premier bonjour. On devine le sourire quelque peu espiègle de Gabriel sous le masque porté avec sérieux mais aussi avec un certain détachement.
Avant même d’évoquer le déjeuner, nous voulons féliciter Gabriel et Sandra pour leur efforts réussis en matière de présentation : assiettes blanches joliment structurées, poêles Staub, ardoises pour les fromages, planchettes travaillées pour les cafés…
Et au risque de nous répéter, la table est toujours aussi somptueuse. Nous tenons d’abord à re-goûter aux charcuteries maison. Aucun doute, nous sommes bien chez les Resch ! Se rajoutent de petits nouveaux comme le magret de canard et le filet mignon de porc, fumés sur place qui complètent avec délice l’assiette dans laquelle les grands classiques n’ont rien perdu de leurs saveurs. Faut-il regretter que ces 2 ingrédients ne soient pas issus de la ferme ?
La saucisse de foie est bien équilibrée, tandis que la texture et le bouquet du presskopf ravissent nos papilles. La viande (de la tête) est hachée plutôt finement ce qui laisse moins de place à une fine gelée qui ne sert que de liant à l’inverse de certaines tables où elle constitue une bonne partie de la tranche.
Le rôti de porc nous est servi en sauce avec quelques pieds. Dès l’arrivée du plat sur table, le plaisir visuel aiguise nos sens. Tandis que les riches parfums, finement fumés, de la viande de cochon patiemment mijotée titillent notre gourmandise. Il s’agit d’un morceau d’épaule qui balance subtilement entre mâche et tendreté. Les petits dés de carottes ponctuent une sauce onctueuse et gélatineuse à souhait : merci les pieds de porc !
Nous ne reviendrons ni sur les roïgebrageldas d’anthologie ni sur les Knepflas maison rehaussés de petits croutons grillés.
Enfin, les fromages valent le déplacement. Bernard, le papa est décédé en juillet mais à réussi à transmettre son savoir-faire à David, son petit-fils. La relève est assurée avec en plus une pointe d’audace qui nous vaut une tomme aux accents plus méditerranéens que vosgiens.
Et pourquoi pas ? La tradition et plus encore l’authenticité du lieu et des mets sont omniprésentes tout au long de cet excellent moment.
Les 4 clarines restent justifiées et c’est avec plaisir et enthousiasme que nous rajoutons une nouvelle distinction : notre coup de cœur de la saison.

Atmosphère, vous avez dit atmosphère

La ferme-auberge de la Wassmatt, d’emblée on s’y sent bien…
Elle est campée dans un petit vallon en contrebas du Petit-Ballon, à 850m d’altitude. Les parasols lumineux qui abritent l’une des deux spacieuses terrasses, ne trompent pas le visiteur avisé. La coquette auberge s’adosse bel et bien à une ferme. Le charmant désordre des engins agricoles, le grognement aigu des cochons et l’étable, d‘une propreté exemplaire, ne laissent aucun doute.

Nous sommes accueillis chaleureusement par Gabriel Resch, le maître des lieux. Son œil malicieux, le large sourire et le verbe facile, nous mettent immédiatement à l’aise. Pousserait-il sciemment son sens de l’humour et de la facétie jusqu’à porter une chemise « Mise-au-green » dont le logo (3 vaches) semble nous narguer et nous avertir que l’âme des pâturages se poursuit à l’intérieur de l’auberge ?

Le ton est donné. Et cette atmosphère de joyeuse simplicité se poursuit sans fausse note jusqu’à notre départ.

Le cheptel

Le cheptel de la ferme est composé d’une cinquantaine de vaches de race vosgienne, pour moitié, laitières. Car de père en fils, les Resch sont convaincus de la supériorité gustative de leur viande et de leur lait. Les 15 à 20 cochons sont nourris à la ferme, complétés par des bêtes de « l’élevage des 3 P » de Pascal Pierré à Berrwiller. Quelques chèvres contribuent aux finitions de l’entretien du territoire, entièrement manuel.

A l’exception des légumes issus d’un maraîchage de Colmar et des pommes de terres de Muntzenheim, ce sont 70% des produits qui proviennent de la ferme.
Chaque matin, Bernard, 73 ans, le père de Gabriel, arrive à 6h pour assurer la transformation du lait, préparer la matière première du siaskaas, puis confectionner les munsters et les bargkaas.
Dans cette belle affaire de famille, chacun exécute un morceau de la partition. Les enfants, David et Sarah, donnent le coup de main le dimanche, et les neveux et nièces prêtent main forte en cas de besoin.

Tandis que Gabriel circule entre les tables pour expliquer le marcaire aux touristes, Sandra s’affaire en cuisine. Après une expérience en ferme-auberge au Lac vert, elle a tâté de 5 années de boucherie tout en apprenant les fondamentaux de la cuisine avec sa mère. Puis, c’est Bernard qui l’a initiée aux spécificités des plats de l’auberge. De l’art de la transmission.

La belle maison de la Wassmatt
Ferme auberge Wassmatt
Abreuvoir buccholique
On y élève du cochon
Notre avis sur la table :

Notre avis sur l’authenticité :

Randonnée :

9 km à l’aller - 3 à 4 pour le retour ou 8.5 km dont 5.5 à l'aller

En pratique :

Ouverte du 15 mai au 15 octobre
Fermeture le lundi