La Table de la Wassmatt

Lors d’une nouvelle visite automnale, nous ne pouvions que confirmer ou amplifier notre avis initial. Un accueil des plus sympathique, convivial et surtout chaleureux.
Tout, ici, respire l’authenticité. Une mention toute particulière pour les nouilles maison, agrémentées d’une agréable chapelure grillée (j’y voyais ma grand’mère) qui accompagnaient un merveilleux sanglier, moelleux à souhait. Et cette superbe tome au sureau….
Nous nous proposons de passer la Wassmatt à 4 clarines.

Le repas.

La salle est agréable, sa décoration « campagnarde » chaleureuse, jusqu’aux chandeliers qui ponctuent les tables et invitent à dîner aux chandelles. Et, divine surprise, négligemment posées entre salière et poivrier, un tube d’Alélor, notre superbe et originale moutarde alsacienne : un exemple à suivre sur les tables du terroir !

Nous délaissons le marcaire au profit de la découverte d’une plus large palette gastronomique.
Pour l’entrée, Sandra nous propose une assiette de charcuteries et crudités. Sa qualité est globalement bonne, peut-être un peu irrégulière. D’abord, un « schwartzwurst » à tomber ! Onctueux sans être gras, fondant, épicé sans être trop fort comportant quelques notes quasi exotiques : un régal. Le salami est bien relevé, légèrement fumé, avec un goût de muscade : vrai produit de terroir. Le presskopf quant à lui, présente des allures de terrine voire de rillettes… Son goût est excellent, mais il pêche par un défaut de consistance. Renseignements pris, la tête de cochon a été trop cuite cette fois-ci.

Ensuite, nous dégustons un assortiment de viandes de la ferme en grillade, accompagné de « roïgebrageldas ». Comme annoncé, le pavé de génisse « vosgienne » est délicat. Il est tendre tout en ayant du caractère. Un steak haché permet de cuisiner les morceaux moins nobles de l’animal. L’assaisonnement d’épices et herbes rehausse avec justesse les saveurs de la viande, sans les couvrir. La tranche de lard grillée joue avec bonheur sur le contraste de textures : le croquant du maigre et le fondant du gras. Dommage que la grillade concentre le sel qui domine alors le produit. Enfin un gendarme d’anthologie : peau bien grillée, souplesse de la viande, un festival d’arômes conduit par un cumin gaillard.

Les « roïgebrageldas » bénéficient d’une interprétation libre de ce grand classique présent dans chaque ferme-auberge. Pour réaliser ce délice dont l’aspect brillant évoque un glaçage, Sandra sélectionne exclusivement des Marabel ou Primura, coupées à cru en fines lamelles. Elles sont ensuite braisées, elle y rajoute progressivement les oignons, le beurre, les lardons et le vin blanc. Et ensuite, patience : elle laisse mijoter longuement. En fin de cuisson, elle tourne l’ensemble avec une cuillère en bois et elle n’écrase surtout pas au presse-purée. Excellent et particulier à la Wassmatt.
Pour les fromages, autant le munster frais relève de la curiosité, autant celui qui est bien fait joue en « première catégorie » : tendre à cœur au subtil goût de fromage et non d’étable, du caractère en bouche sans excès de puissance. Le bargkaas nous laisse sur notre faim, tandis que les 2 tomes, l’une légèrement épicée, présente une belle profondeur d’arômes et de matière.

En dessert, un « siakaas » qui ne trahit pas son origine de fromage frais. Il n’est pas envahi par le sucre ou le kirch qui l’accompagnent pour en magnifier le goût et non le travestir ou le transformer en gourmandise pâtissière. Ce pourrait être un « siaskaas-étalon »…

Côté vins.

Les vins d’Alsace viennent en partie du « Domaine Schoenheitz » à Wihr-au-Val par choix de qualité et de proximité. Les autres sont issus de la Cave de Turckheim. Le Riesling Schoenheitz est sec et bien tendu, presque iodé. Des notes florales de chèvrefeuille apportent de l’élégance à sa fraicheur et sa vivacité. Le Pinot Noir s’ouvre sur un cocktail de cerises noires, légèrement poivrées, enrichi d’une fugace touche de réglisse.
Les Côtes du Rhône, dont un Ventoux gourmand et fruité, viennent de la Maison Arnoux à Vacqueyras.

En Bordeaux, le Chais des Bordes, assemblage de merlot et cabernet franc, avec une robe dans des tons de rubis dévoile un nez subtil aux notes de myrtilles, de pruneaux et de fruits secs.
Présence également d’un Beaujolais-Village.

En conclusion.

La Wassmatt, c’est un peu « la ballade des gens heureux ». Tant pour la famille Resch que pour les convives qui décident de s’y arrêter quelques heures. Bien que le « Marcaire » y soit encore bien implanté, on perçoit des élans vers une autre cuisine, plus diversifiée et moins convenue. Nous encourageons vivement cette dynamique. Osez donc Sandra ! La 4ème clarine n’est pas loin.

Parmi les autres plats possibles :

– Rôtis de porc et de bœuf, nouilles maison
– Fleischnackas de porc
– Bœuf gros-sel
– Lawerknepflas
– Baekaoffa de porc et bœuf (à partir de 10 p)
– Raclette de fromages de la ferme
– Gibiers (en automne)
– Myrtilles sauvages du massif exclusivement en saison

A emporter :

– Munster, tome, bargkaas
– Charcuteries et lard fumé

La salle de la Wassmat
Tout est local
Sandra & Gabriel
Notre avis sur la table :

Notre avis sur l’authenticité :

Randonnée :

9 km à l’aller -3 à 4 pour le retour

En pratique :

Ouverte du 15 mai au 15 octobre
Fermeture le lundi