Ferme Auberge du Lochberg

Intègre et fidèle à ses valeurs

Comme ça fait plaisir de retrouver après quelques saisons, une équipe, une famille en fait qui a su rester droite dans ses bottes. Rien n’y fait ! Que ce soit la pandémie ou les pressions extérieures pour essayer de faire vaciller leur philo, les Kippelen poursuivent leur voie avec bonheur et conviction. Et ça marche ! En toute cohérence et malgré les déboires consécutifs dû à un printemps délétère. Les travaux d’embellissement ou d’aménagement sécuritaire se poursuivent avec opiniâtreté.
Le papa, Henri, tel un capitaine sur la passerelle, veille discrètement mais fermement au cap de ce beau navire.
Un repas-plaisir
Disons-le tout net, le repas nous a procuré le même plaisir qu’à la visite précédente. Une nouvelle fois, il s’agit d’une rencontre de l’authenticité avec l’élégance.
La saucisse de foie nous convainc par sa finesse et la subtilité du très léger boucané. Le lard fumé l’est à la perfection : modèle d’équilibre, moelleux et savoureux. Le fromage de tête diffère de notre visite précédente par un côté moins rustique (nous le préférons plus brut), mais la saveur reste exquise. En revanche, le lard de jambon qui fondait littéralement en bouche est un peu plus ferme et consistant, plus fumé et salé au palais. La terrine, panachage de porc et veau est un régal joliment épicé et onctueux.
Un plaisir ne venant jamais seul, nous notons au passage la qualité du pain de campagne. Dès que nous en découvrons l’origine, nous en comprenons le bien-fondé : il s’agit de l’ancien boulanger du Baerenbach qui nous a régalés bien des fois et qui a installé sa boulangerie à Oberbruck au nom de « JB ».
A suivre, Anne nous annonce un bourguignon. Nous sommes un peu déçus car nous en avions mangé un excellent lors de notre précédente visite. Mais ce sentiment fut de courte durée… Comme il s’agissait d’un « jeune Bovin », qui aurait pu être un veau à quelques semaines près, on nous sert un magnifique… sauté de veau. Il est enrichi d’une belle sauce brune orangée aux carottes, légèrement relevée au curcuma. La tendreté de la viande comme les saveurs ravissent notre gourmandise.
Acharnés mais heureux
Nous sommes toujours autant séduits par la complicité entre les frères et sœurs. Bien que la vie ne soit pas drôle chaque jour, la bonne humeur et l’optimisme règnent en maître. Quand les sangliers, jusqu’à une cinquantaine un matin tôt, retournent 35ha des prés de fauche, quand il faut dépenser une fortune pour racheter le fourrage ainsi détruit, on regrette le manque de moyens mis en œuvre pour contrevenir à ce fléau, mais la colère reste intérieure. Pour illustrer ce fléau, voici un reportage d’Alsace 20
Le secret de la réussite de cette belle maison, réside incontestablement dans le respect sans faille de ses valeurs.
Les 4 clarines sont amplement méritées comme, bien sûr, les 4 têtes de vache.

Une madeleine de Proust.

La famille Kippelen exploite le Lochberg – 950m, dominant le Lachtelweiher- depuis 1988. Les enfants l’ont racheté à la commune de Kirchberg en 2008, à la « retraite », au demeurant toute relative, des parents. En effet, la maman, Marie-Louise œuvre toujours en cuisine, tandis que le papa, Henri s’active à la ferme. Aujourd’hui, les 4 enfants ont repris le flambeau. Ils sont tous engagés à fond dans une aventure qu’ils développent avec un enthousiasme sans limite, chacun dans son rôle. Et en fait de fonction justement, ils revendiquent haut et fort la parfaite polyvalence et une totale interchangeabilité.

Bien sûr, ce sont plutôt les frères, Jean et Sébastien qui s’occupent des animaux – et il y a de quoi faire. Tandis que les 2 sœurs, Sophie et Anne s’activent en cuisine et en salle. Nous vous laissons imaginer le degré d’entente familiale nécessaire pour gérer en toute sérénité une affaire de cette ampleur et complexité.

Une histoire

On ne compte plus les métiers qui alternent au fil des heures, des jours ou des saisons : fermier et aubergiste bien sûr, mais aussi éleveur, fromager, maraîcher, boulanger, pâtissier, boucher-charcutier, menuisier-charpentier, peintre, chauffeur-livreur, etc…
La salle vient d’être refaite à neuf, dans le respect de l’ancien, allant jusqu’à y reconstituer une sorte d’étable intérieure. La technologie contemporaine est présente, notamment pour l’amélioration de l’acoustique qui est bien souvent problématique dans ce type d’établissement. Au Lochberg, on s’entend parler… sans crier.

Côté cheptel, il y a du monde. 45 vaches laitières, 3 vosgiennes et 42 montbéliardes sont à la base du lait pour la production du fromage. Le choix de la race montbéliarde remonte aux parents qui ont démarré avec ces excellentes fromagères. Moins rustiques que les vosgiennes, elles nécessitent des soins plus attentifs. Ce troupeau compte une quarantaine de génisses et une quinzaine de veaux, quelques broutards et beaucoup de veaux de lait. Mais les Kippelen élèvent aussi 25 charolaises allaitantes accompagnées de leurs 25 broutards destinés à l’élaboration de la viande de l’auberge.

La quarantaine de cochons, 30 en altitude et une dizaine dans la vallée sont destinés à la charcuterie et aux « célèbres » cochonnailles en saison.
Le défrichage des pentes délicates est confié à 40 chèvres qui produisent la base d’un superbe fromage qui, généralement reste frais ou, pour le plus grand plaisir des convives, peut terminer sa carrière en « chèvre chaud » sur une salade.

Et encore…

Cette ménagerie serait incomplète sans les 3 chevaux comtois pour tirer la charrue lors de la plantation des pommes de terre. Ou pour effectuer des travaux de débardage en milieux difficiles. On y rajoute une cinquantaine de poules pour fournir les œufs (et un peu de viande) ; une quinzaine de lapins, une trentaine de pigeons, quelques paons, 3 ânes… Bref de quoi occuper de longues journées.
Les légumes proviennent d’abord des 30 ares cultivés à Kirchberg, complétés par les jardins des 4 familles mais aussi d’un maraîcher à Biesheim.

Vous l’aurez compris, toutes les tâches sont faites « maison » par les membres de la famille. Les journées sont longues et bien remplies. Aussi peut-il arriver, même en saison, que l’auberge soit fermée 1 ou 2 jours, en dehors du mardi : pour la bonne cause car la préparation des plats pour 80 personnes prend du temps ! Pensez donc à téléphoner…

Le Kohlschlag
Ebats porcins
Une âme qui s'annonce
Notre avis sur la table :

Notre avis sur l’authenticité :

Randonnée :

5h (3.5 h pour l’aller – 1.5h pour le retour)

En pratique :

Ouvert d’avril à fin novembre
Fermeture mardi