La Table du Lochberg

Le repas.

Il démarre fort agréablement. En amuse-bouche, Anne nous apporte une coupelle avec un «biebalakaas » qui nous met en appétit, à tous les sens du terme : fromage frais du matin, à base de lait de vache, texture un peu ferme, bien assaisonné avec une pointe d’ail et de ciboulette.

La soupe de légumes nous convainc au premier regard : lentilles, poids cassés, poireaux, pommes de terre et quelques carottes, un beau velouté, un léger bouquet fumé. Dès ce premier plat, se dégage ce qui sera le fil rouge du repas : les effluves qui caressent délicatement nos papilles nous font remonter le temps et nous plongent dans le doux cocon du déjeuner amoureusement mitonnée par notre grand’mère.

Le lard fumé l’est à la perfection : modèle d’équilibre, moelleux et savoureux. Le lard de jambon, muri plus d’un an fond littéralement en bouche et la terrine, panachage de porc et veau est un régal joliment épicé, onctueuse sans être trop grasse.

Ici, la quiche est au chèvre, bargkaas et lard maison et fait un beau pied de nez à la quiche lorraine classique. Le fromage de tête réalisé selon la recette originale de la grand’mère Kippelen, est à base de tête, pieds, oreilles et langue, gelée clarifiée au blanc d’œuf…( dites-moi donc qui s’y colle encore ?) Marie-Louise venait de le finir mais nous n’avons pas pu résister à la tentation d’en picorer : une cuisson parfaite pour en faire fondre chaque morceau en bouche et des saveurs qui nous font remonter le temps.

Nous retrouvons bientôt ce goût dans le bœuf bourguignon accompagné de knepflas aux œufs de la ferme. Il provient d’une génisse abattue depuis 6 semaines. La viande a du caractère et joue délicatement entre tendreté et fermeté. Sa sauce est onctueuse, avec toujours ce petit goût d’autrefois, et la carotte lui confère une douceur agréable.

L’assortiment de fromages se limite au bargkaas avec une vraie personnalité et un chèvre frais aux arômes capiteux de sous-bois et subtilement fumé. C’est un choix des aubergistes de ne pas faire de munster.
En dessert, la tarte aux quetsches relance la séquence nostalgie. Des arômes torréfiés rehaussés de cannelle et mis en relief par un petit jus de citron nous font penser à la tarte de Linz. C’est beau et c’est très grand !

Bien sûr, le traditionnel Sieskaas ne déroge pas à la règle : un bel équilibre kirch/sucre, une consistance due au « lait de la vallée » car les vaches ont fait la transhumance 4 jours avant notre passage.

Côté vins.

Nous avons pris plaisir à découvrir la gamme Tradition d’un vigneron alsacien que nous ne connaissions pas : Gérard Nicollet à Soultzmatt. Son Edelzwicker est léger, frais, floral et bien fruité. Le Pinot Blanc présente une belle matière. Son attaque est souple, d’une agréable vivacité. Sa bouche est élégante avec des arômes fruités de pomme et fruits à chair blanche.
En vin rouge, nous avons aimé le Côtes du Rhône Village 2013, la « Seigneurie de Gicon », un Chusclan, assemblage de Grenache, Carignan, Syrah et Mourvèdre. Des arômes de cerises noires bien marquées avec des notes de fraises, subtilement épicées.

En conclusion.

Trois générations car la jeune Emma est aussi de la partie le week-end… Six acteurs permanents : le Lochberg est un modèle de travail d’équipe familiale et trans-générationnelle réussi. Mais pas seulement ! Ce qui frappe d’emblée c’est que la volonté de faire bien, dans le respect des valeurs d’authenticité, n’est pas un soucis. C’est un état d’esprit permanent, juste naturel et normal.

Il coule de source pour chacun, qui n’envisage à aucun moment que des contraintes, économiques ou autres, pourraient amener à transiger avec cet essentiel. La cuisine y est « traditionnelle », ou mieux, elle fait revivre la tradition. Avec une profondeur et des saveurs d’antan inexprimables et qu’on ne croise plus très souvent.

Parmi les autres plats possibles :

– Pot-au-feu
– Baekaoffa
– Bouchées à la reine
– Fleischnackas
– Lapin aux nouilles
– Cabri (en juin et juillet)
– Tourte
– Quiche au chèvre et bargkaas
– Pâté en croute
– Marcaire sur commande
– Cochonnailles en saison (sur réservation)

A emporter :

– Bargkaas
– Fromage de chèvre
– Lards

La salle
l'
Amuse bouche
Charcuterie maison
Le Galeri
Frères et soeurs à la manoeuvre
Notre avis sur la table :

Notre avis sur l’authenticité :

Randonnée :

5h (3.5 h pour l’aller – 1.5h pour le retour)

En pratique :

Ouvert d’avril à fin novembre
Fermeture mardi