Ferme Auberge du Grand Ballon

Nouvelle visite : Professionnalisme & busisness

Le randonneur a beau préparer sa course, il peut lui arriver de ne pas parvenir au but précisément à l’heure prévue. A la ferme-auberge du Grand ballon, on ne plaisante pas avec l’horaire : après 12h30, même quand on téléphone pour prévenir, la table est donnée à d’autres clients. Bien évidemment, nous pouvons comprendre la pression commerciale qui s’exerce dans un lieu aussi fréquenté. Et pourtant, ce jour là, des tables sont restées inoccupées…
Il est vrai que le restaurant fonctionne avec une rigueur toute horlogère. Pas de temps perdu, le terminal dont est équipé chaque serveur transmet votre commande à la cuisine et hop, c’est parti ! Vous êtes assuré d’un service des plus efficaces et rapides. Les apports de la technologie facilitent le travail des équipes. Tels qu’on en rêve dans plus d’un établissement urbain.
Malgré la gentillesse et la serviabilité de l’équipe de Didier Bronner, la flânerie n’est pas de mise. Et cette hyper-rationnalisation impacte quelque peu l’âme du lieu. Le diable se cache dans les détails…
Côté ferme, Didier Bronner nous confirme que le cheptel est passé à 28 vaches laitières avec toujours des allaitantes et des veaux. Par contre, les exigences et autres normes ont rayé définitivement le cochon du paysage de la ferme… mais pas de la carte, puisque l’alternative du marcaire continue d’être proposée, à partir de bête « origine Alsace » provenant de la charcuterie de la Thur.
A table !
Les charcuteries sont savoureuses avec tout particulièrement un presskopf de très belle facture : son aspect est gourmand et sa texture agréable au palais. Un peu plus d’épices lui aurait conféré un caractère plus affirmé. Le lard propose un bel équilibre entre le blanc et la viande maigre et offre une belle onctuosité. Le lard de jambon manque de personnalité et d’intérêt. Les Bouchées à la Reine (pour un supplément de 3€ au menu) sont accompagnées de knaepflas maison. La texture « boulangère » des vols-au-vent et les arômes de la sauce nous rappellent les dimanches chez grand-mère. Bien sûr on pourrait regretter l’absence de quenelles voire de poule pour la touche nostalgie… Encore faudrait-il que la poule vive à la ferme ?
Enfin pour les fromages, nos préférences vont à la tomme pour son réel caractère et au chèvre pour l’équilibre entre une pointe de fraicheur et une structure crémeuse.
En conclusion
Notre dernière visite s’inscrit dans la continuité de la précédente. En consultant ce que nous écrivions alors, la volonté d’effectuer un travail irréprochable avec le plus grand professionnalisme, présidait déjà aux méthodes de travail. Depuis, la technologie a gagné du terrain, peut-être au détriment de la chaleur d’une atmosphère que le randonneur recherche en ce type d’établissement. Mais ici, nous sommes sur l’un des sites les plus visités des Vosges, et il serait malvenu de critiquer l’efficacité de femmes et d’hommes qui en plus d’une auberge, doivent faire vivre une ferme.
Nous conservons les 3 clarines et passons à 3 têtes de vaches pour l’authenticité.

Une valeur sûre.

A quelques encablures du point culminant du massif vosgien, en bordure immédiate de la route des crêtes, en arrière d’un vaste parking, adossée à une immense terrasse, c’est la Ferme-Auberge du Grand Ballon. Avant d’y pénétrer, retournez-vous pour admirer l’étendue magnifique de la Plaine d’Alsace, jusqu’aux sommets alpins si la météo devait vous gâter. A l’inverse, si vous deviez être pris dans les nuages, rassurez-vous, à l’intérieur vous serez choyé par la famille Bronner, qui, dans un décor de boiseries et nappes rouges, ne ménage aucun effort pour satisfaire ses hôtes.
Les bâtiments adossés à la montagne datent de 1800. Détruits pendant la première guerre mondiale, ils sont entièrement reconstruits en 1928 et restés dans leur jus depuis lors. C’est le 1er juillet 1993 que Didier s’y installe avec son troupeau de chèvres. Il est rejoint par Annick, aujourd’hui son épouse, dont, clin d’œil de la vie, les grands parents exploitaient déjà il y a quelques décennies la ferme, alors propriété de la commune.

Si l’atmosphère reste « aux saveurs d’antan», les équipements sont contemporains et fonctionnels : une belle cuisine pour être en mesure de servir les 110 convives potentiels (et plus si le beau temps permet l’usage de la terrasse), une salle de traite, une fromagerie, un labo de découpe… Bref, tout est en place pour réaliser rationnellement un travail de qualité. L’exploitation agricole est dirigée par Didier avec l’aide de son fils Benjamin : 50 bovins dont 25 laitières de race vosgienne, et le même nombre de veaux, une quarantaine de chèvres, une dizaine de cochons nourris au petit lait. Ils proviennent de l’élevage « 3P » à Berrwiller. Le complément indispensable de collet fumé pour fournir toute une saison de repas marcaires est acheté à l’extérieur, sous le label « cochons d’Alsace ». Chaque quinzaine, 2 cochons sont abattus et transformés par Didier et son fils Jérémy, à l’instar de la viande bovine qui provient exclusivement de la ferme.
Les légumes, tous bios, sont issus de l’exploitation Koehl à Ruelisheim.
Le fourrage qui nourrit les bovins provient des 100 ha de prés, dont 80 de chaumes.

Arrivée sonore au Grand Ballon
On a soif
La ferme auberge du Grand Ballon, vue amont
La ferme auberge du Grand Ballon
Toute une histoire !
Notre avis sur la table :

Notre avis sur l’authenticité :

Randonnée :

Randonnées : 14 km (8.5 à l’aller – 5.5 au retour) ou 8km

En pratique :

Ouverte de fin mars à mi-novembre
Fermée lundi soir & mardi