La Table du Schantzwasen

Le repas.

La carte est pléthorique et nous nous sommes concentrés sur les suggestions du jour. Impossible, bien sûr, de passer à côté de la charcuterie de rennes. La viande est achetée en direct en Laponie car l’élevage est trop récent et trop petit pour permettre un abattage régulier. Cependant elle est complètement transformée et apprêtée à l’auberge. Disons-le sans réserve : les produits sont excellents. Le jambon fumé, coupé en Renne sur planchetteaiguillettes, est délicat et tendre, avec cette suavité propre au gibier. Le saucisson, d’une couleur intense, ravit le palais par son caractère affirmé, épicé avec justesse, juste moelleux comme il faut.

A suivre, une interprétation toute personnelle d’un plat traditionnel par excellence : les quenelles de foie ou lawerknepflas. Ce sont en effet des quenelles, mais très petites, réalisées dans une taille qui se rapproche des quenelles de pâte ou « Spaetzle ». Elles sont poêlées avec de l’oignon émincé et une belle quantité de lardons, ce qui confère un goût original à ce plat de terroir. On y retrouve la nostalgie gustative, avec ce petit rien qui casse la tradition. De plus elles sont accompagnées de Roïgebrageldas d’une rare élégance !

La bouchée à la reine est du The Lawerknéplamême tonneau. Si la tradition est respectée, comme il se doit sur un tel plat, la rusticité cède la place à la finesse. Le veau est tendre, la sauce harmonieuse avec ses petites carottes émincées, même si on pourrait s’attendre un peu plus de caractère. De plus, Guillaume ne faisant pas non plus comme tout le monde propose une croûte (faite maison) de forme carrée. La justesse des cuissons s’étend jusqu’aux nouilles qui sont al dente, fait suffisamment rare pour qu’il soit souligné ici.

Viennent ensuite les fromages. Le munster de la ferme Burger de Soultzeren est équilibré, presque fondant avec des saveurs délicates, un peu retenues. Ce sera un délice dans une bonne semaine… s’il en reste. A l’inverse, la cuvée en cours du Bargkaas de la ferme Oberlé de Stosswihr nous laisse sur notre faim.

En conclusion, nous vous soumettons une question de géométrie gastronomique : quelle est l’épaisseur idéale du meringage sur une tarte à la rhubarbe ? Sans doute y a-t-il autant de réponses que de convives. EGuillaume, Marie-Odile et Thierry,n tous cas, ici la tarte est excellente.

Côté vins.

Les vins d’Alsace proviennent de la Cave de Turkheim. Ils accompagnent agréablement les plats du restaurant, sans pour autant nous procurer d’émotion particulière. La carte des vins rouges est inversement proportionnelle à la diversité des mets. Nous vous en recommandons l’un d’eux, sorte de « cuvée du patron » est une IGP du Pays du Gard. Elle est veloutée, gourmande et de bonne facture. L’assortiment est complété par les classiques Côtes du Rhône, Beaujolais, Bordeaux…. Un petit effort serait bienvenu pour hisser les flacons à la hauteur de l’assiette !

En conclusion.

Une auberge de montagne menée par une famille, une équipe honnête et engagée. La recherche la qualité est omniprésente. Tous les choix y sont réfléchis et assumés avec conviction. Le rapport qualité/prix est excellent. La cuisine est sans nul doute généreuse et le soin apporté au dressage des assiettes est un régal pour l’œil. L’atmosphère bienveillante, nous met à l’aise : on s’y sent bien. Et le randonneur peut y côtoyer le visiteur de passage sans aucune gêne.

Parmi les autres plats possibles

Voir : http://www.auberge-schantzwasen.com/restaurant/

La salle du Schantzwasen
Belle bouchée carrée
THE Lawerknépflas
Guillaume, Marie-Odile et Thierry
Notre avis sur la table :

Notre avis sur l’authenticité :

Randonnée :

3h45 (ou 3h) à l’aller – 1.5 h au retour

En pratique :

Fermé Mardi et Mercredi – Sauf vacances scolaires de Noël et de Février