La Table du Belacker

Même si nous nous acharnons à visiter le plus d’établissements possibles, il nous est impossible de revoir chaque année l’ensemble des fermes-auberges de notre guide. En effet, nous ne sommes qu’à deux pour mener ce travail à titre bénévole. D’où l’importance que vous nous transmettiez vos propres commentaires et surtout vos désaccords avec nos avis, afin de nous inciter à vérifier rapidement.

Au Belacker, on ose ! – automne 2021

L’accueil est toujours aussi naturel, franc et direct, chaleureux au sens le plus authentique du terme. On a l’impression de retrouver des amis éloignés, perdus de vue depuis un long moment.
Une bonne Cabrio à la pression, bière artisanale brassée à Wesserling, donne le ton d’un grand moment de dégustation aux saveurs les plus diverses, toutes joliment accomplies.
Nous n’avons pas pu nous empêcher de céder à la traditionnelle planchette de charcuteries maison. Rappelons que Jacky est boucher de métier… Il sait de quoi il parle et surtout, il est attentif à la qualité des produits. Aujourd’hui, le preskopf (ou fromage de tête ?) se décline en 2 versions : La première nature, à l’aspect rustique et au caractère bien affirmé. Sa texture est dense et le bouquet légèrement fumé. On perçoit le bouillon de sa cuisson un jour de  cochonnailles. Le second est préparé aux petits légumes. Elaboré au vin blanc, la petite goutte de vinaigre rajoutée, lui confère une légère acidité bien canaille. C’est osé, mais passée la première surprise, c’est fringant en bouche. Coupé en tranches plus épaisses, le palais prendrait encore plus de plaisir.
Le lard nous séduit d’emblée par sa mâche et l’élégance du fumé/salé. C’est une pièce que Jacky a pris soin de laisser reposer avant de la servir. Evoquons rapidement le gendarme qui vaut d’être dégusté pour son originalité et attardons nous sur la découverte du jour : le Judaspack. C’est un lard réalisé à partir de poitrine de bœuf. La subtilité de sa viande est enrichie par la complexité des goûts. Un beau lard pour ceux qui évitent le cochon ! Il fallait oser cette exclusivité (?) Belacker ?
A suivre, un boudin rehaussé d’une compote de pommes, accompagné de petites pommes de terre sautées et de salade frisée. C’est un peu la surprise du jour quand arrive sur table un boudin… en cassolette. Carole a décidé que d’imposer le boudin en boyau ne sert pas ce plat… Le cuire à l’eau frémissante, le griller en le colorant sans pour autant en percer le boyau, le découper sur l’assiette sans le massacrer et en perdre une miette… Bref beaucoup d’inconvénients à ses yeux. Elle a donc décidé de simplifier et servir un boudin dans toute sa plénitude. Cuite au four, la cassolette permet d’apprécier d’abord le fumet délicatement épicé qui s’en dégage et enfin  la richesse des saveurs. Il faut oser ce choix…
Quant aux pommes de terres cuites en robe des champs puis sautées à l’ail et au persil : c’est simple mais tellement parfumé : excellent !
Un seul bémol : la tarte aux mirabelles est certes gourmande et pâtissière, mais les fruits disparaissent trop dans l’appareil dominant.

Nous n’hésitons pas à rajouter une clarine à cette auberge qui passe donc à 4 clarines et 4 têtes de vaches.

1ère visite

Le repas

Après une bonne bière artisanale de Geishouse (de la proximité), la Cabrio, à l’amertume élégante, on nous sert une soupe de légumes (du marché de Masevaux) subtilement aromatisée à la livèche ou une terrine maison (Jacky est boucher, et ça se remarque) d’excellente facture : belle consistance et très peu grasse. La confiance s’installe.

A suivre aujourd’hui, une bouchée à la reine au porc et à la dinde délicatement émincés. Et la sauce qui l’accompagne est digne de votre grand mère : la patte d’une cuisinière qui aime ce qu’elle fait.
Bien que rien ne le précise, nous percevons rapidement la volonté d’authenticité qui anime nos hôtes. Les produits sont issus de circuits courts et sont travaillés dans le respect des saveurs. Les viandes de bovins et moutons proviennent pour l’essentiel du troupeau. Les porcs, d’un élevage vosgien voisin. Le munster, qui manque cruellement de caractère, est fabriqué par la ferme Haag tandis que le bargkaas, lui, joliment affiné et de très bon goût,  provient de la ferme du Baerenbach à Sewen. Quand on vous parle d’authenticité et de proximité….

Même si l’incontournable tarte à la myrtille remplace la rhubarbe au mois de mai : cet impératif commercial est clairement assumé. Nous vous le disions : insolite et insolence.

Côté vins

Là encore, pas de carte, c’est le patron qui vous suggère.
Les Alsaces, de bonne facture, viennent de François Schmidt d’Orschwihr. Nous avons notamment apprécié son Pinot Gris, sans sucre résiduel, fait trop rare pour ne pas être signalé.
Le registre des vins rouges est plus surprenant : en Côtes du Rhône, le Grand bécassier en Vieilles Vignes de Philippe Ladet  à (30) Sabran (coup de cœur hachette 2013), et le Bois Pascal des Celliers de Vénéjan, un assemblage de grenache/syrah/cinsault léger et encore très tannique.

Pas vraiment de quoi se faire plaisir…
Une belle découverte : les crèmes de fruits 100% naturelles de Philippe Faedy de Brunstatt pour divers apéritifs.

En conclusion

Une ferme-auberge qui affirme une volonté de faire différemment depuis son architecture, sa décoration, jusque dans l’assiette et le verre. Avec plus ou moins de bonheur pour les vins.

Parmi les autres plats possibles :

  • Bœuf bourguignon, pommes de terre et carottes
  • Pot au feu
  • Ragoût de porc
  • Fleischnackas
  • Et… Jamais de repas marcaire (insolence quand tu nous tiens)
Productions maison
Le boudin du Belacker
Une vraie ferme !
Carole & Jacky
L chleur du lieu
Belles chambres
Notre avis sur la table :

Notre avis sur l’authenticité :

Randonnée :

4h et un dénivelé de 600m

En pratique :

Ouvert tout l’année
Fermé vendredi