La Table du Kahlenwasen

Le repas.

La carte est courte, mais l’ensemble est servi généreusement, dans le respect de l’authenticité des mets, qualité propre aux fermes-auberges affiliées à la Fédération départementale.
Nous démarrons par des charcuteries qui ont bon goût, juste salées ou fumées ce qu’il faut. La structure veloutée du Presskopf est originale. La viande de bœuf séchée à l’ail des ours fait chanter le palais. Le lard de jambon est onctueux et élégant… Et la liste se prolonge avec un Lawerwurst (saucisse de foie) à l’ancienne enrichie de petits morceaux, une saucisse de Mett pas trop grasse et des gendarmes légèrement fumés, d’une consistance toute particulière.

Quant aux traditionnels Kassler et tourtes : ils sont tout aussi sympathiques. La consistance de la tourte est agréable et le Kassler savoureux. Cependant, faut-il regretter que l’ensemble apparaisse un peu trop normé ? On recherche en vain le caractère plus marqué, propre à chaque ferme-auberge et qui la personnalise. A une exception près : les Roïgebrageldas qui ne sont pas très grillées et mijotées al dente…

A l’instar de ce qui précède, les fromages se dégustent avec gourmandise, accompagnés d’une délicieuse confiture de coing. Les Bargkaas sont onctueux et la version « aux noisettes » est particulièrement plaisante. Le munster manque un peu d’affinage… mais nous sommes en pleine saison ! En revanche, le « Kahlenwasen » nous offre une interprétation agréable d’un munster blanc, semi-affiné.

Pour finir, le classique Siaskaas (un peu grumeleux) et la tarte aux prunes (avec beaucoup de flan) confirment le registre : l’assiette est bonne, équilibrée mais sans la personnalité qui contribue aux charmes de certaines fermes-auberges.

Côté vins.

Les vins d’Alsace proviennent du Domaine Blanck dont on connaît la grande qualité, de la cave de Turckheim ou de la Maison Gustave Lorentz à Bergheim. Le Riesling Blanck 2014 s’exprime sur la fraicheur. Il est bien structuré, vif et élégant.
Son homonyme « Vieilles Vignes » 2012 de la cave de Turckheim est plus minéral. Sa matière est riche et il joue en puissance !

Parmi les vins rouges, citons en 2 particulièrement intéressants dans le contexte. D’abord l’IGP Méditerranée, le Caladoc de Boissy-Delaygue. Il s’agit d’un cépage particulier, croisement entre le Grenache noir et le Côt (cépage type du Cahors) qui en fait un vin gourmand, élégant, à la bouche charnue et bien poivrée.
Ensuite « Parallèle 45 », un excellent Côte du Rhône de la Maison Jaboulet, assemblage de Grenache et Syrah, aux arômes de fruits rouges et d’épices.
Pour compléter la gamme, l’éternel « Vieux Clocher » en Vacqueyras ou Côtes du Rhône, quelques Bordeaux, Bourgogne et Beaujolais.

En conclusion.

Est-ce le lieu très passant qui l’exige ? Est-ce la personnalité du patron ? Est-ce un style de management ? Nous sommes ici dans le royaume de l’efficacité ! On ne peut pas parler d’absence d’âme, puisqu’en salle Guy Lochert s’applique à créer une atmosphère chaleureuse. Cependant, par delà une apparente spontanéité, on ne peut s’empêcher de penser que tout est sous contrôle. L’humeur, les propos et les saveurs des plats, dans lesquels « rien ne dépasse », et qui semblent élaborés pour séduire un maximum de palais, régionaux ou internationaux.
C’est la confirmation d’une belle intelligence commerciale.

Parmi les autres plats possibles :

– Repas marcaire
– Baekaoffa
– Choucroute
– Bœuf mariné aux épices
– Fondue de vosgienne au bouillon
– Tête de veaux

A emporter :

– viandes bovines et porcines  
– lard fumé
– charcuteries
– confitures

Dans son jus
Belle assiette variée
Belle assiette variée
Guy Lochert, The Boss
Notre avis sur la table :

Notre avis sur l’authenticité :

Randonnée :

Randonnée : 5h dont 3 pour l’aller et 2 pour le retour
Balade : 1.5 h

En pratique :

Ouverture du 1/5 au 1/11